Rôle du SNA :
– Face au TRAUMA
Lorsque nous sommes confrontés à un trauma (qui se caractérise par une situation qui survient brutalement, qui est imprévue et qui a une forte charge émotionnelle), le corps enclenche des réactions physiologiques de réponse face à l’événement. –> Le SYSTEME NERVEUX SYMPATHIQUE prend le dessus. Nous avons vu que c’est cette branche du SNA, responsable des instincts de survie, qui s’active pour nous permettre soit l’action, soit la fuite. Elle permet une réaction défensive du corps. Ce mode se traduit entre autre au niveau physiologique par de nombreuses réactions métaboliques, involontaires, que l’on ne peut pas contrôler :
-une augmentation de la pression artérielle qui prépare à la fuite ou au combat, permise par la vaso-constriction des vaisseaux sanguins;
-une augmentation des hormones adrénaline, noradrénaline, cortisol;
-une restriction de l’énergie normalement déployée pour la digestion (ralentissement de l’appareil digestif);
-une accélération de la respiration (et respiration plus « haute ») si le mode fuite ou combat s’active;
-à l’inverse, une diminution de l’amplitude respiratoire si le mode de figement face à l’événement s’active;
-des tensions musculo-squelettiques;
-etc.
Il y a hyperactivation du SYSTEME NERVEUX SYMPATHIQUE = le corps oriente toute sa physiologie pour qu’elle soit la plus efficace face au danger détecté. Le danger peut être d’ordre physique (ex : une agression) ou psychique (ex : la perte d’un emploi).
Les réponses possibles du corps face à un trauma peuvent être la fuite, l’action, ou l’inhibition (le figement). Dans ce dernier cas, il y peut y avoir une forme de distanciation somatique (repérable notamment du fait qu’elle entraîne une sensation plus accrue des sensations extrêmes).
– Dans le cas d’un RETOUR A L’EQUILIBRE (CORPS SAIN)
Une fois le danger passé, le corps reprend la plupart du temps sa capacité à solliciter de façon équilibrée le SYSTEME NERVEUX SYMPATHIQUE et le SYSTEME NERVEUX PARASYMPATHIQUE. C’est le retour à l’état physiologique normal et sain du corps. Le SYSTEME NERVEUX PARASYMPATHIQUE joue son rôle : suite à un événement stressant, à un trauma, le corps sollicite cette branche du SNA responsable de la relaxation de l’organisme, qui vient contrebalancer les effets induits par l’état de stress. Grâce au système nerveux parasympathique, il y a une action anti-inflammatoire qui permet la guérison. Le corps maintient l’équilibre entre ses fonctions d’action (système sympathique) et de repos (système parasympathique). Il y a maintien de l’homéostasie. Le corps garde un fonctionnement sain, qui permet la bonne santé.
– Dans le processus de TRAUMATISME
Dans le cas d’un traumatisme, nous avons vu que l’état d’alerte persiste même en l’absence de danger. C’est-à-dire qu’il y a hyperactivation du SYSTEME NERVEUX SYMPATHIQUE alors que l’environnement ne le justifie plus (environnement sécurisé). Le stress est alors entretenu par le cerveau reptilien (voir Anatomie du SNA) et va entraîner toutes les réactions physiologiques citées plus haut, et également se répercuter à long terme sur :
- le SYSTEME MUSCULO-SQUELETTIQUE à travers la tension musculaire, la posture, le positionnement des articulations, etc. ;
- le SYSTEME CARDIO-VASCULAIRE, avec des modifications sur le rythme cardiaque, la tension, la respiration, etc. ;
– Dans le processus de CROISSANCE POST-TRAUMATIQUE (RESILIENCE)
La recherche en neurosciences sur les mécanismes du corps face aux traumas se base sur l’observation de mécanismes de résilience universels, qui ont pu être observés chez des populations très diverses mais également chez les animaux (mammifères). Aujourd’hui, nous savons que les mécanismes de résilience existent dans la nature et que chaque être humain a la possibilité d’activer les processus physiologiques naturels qui permettent l’évacuation des tensions (tensions qui se créent lorsque face au trauma l’individu concerné n’est pas en capacité d’extérioriser le choc émotionnel subit, d’évacuer l’atteinte ou le choc émotionnel en criant, pleurant, tremblant, (ré)agissant, etc.). Après un choc, les animaux activent ses mécanismes spontanément (notamment par des tremblements et spasmes du corps).
L’être humain, parce qu’il est aussi un être de culture, façonné par les codes de sa société, empêche parfois ce processus de se faire, mais s’il l’active, voici ce qu’il se passe dans le corps : le SYSTEME NERVEUX PARASYMPATHIQUE s’active (comme dans la phase d’un retour à un fonctionnement sain du corps décrite plus haut) et vient gommer les aspects délétères de l’hyperactivité sur le long terme du SYSTEME NERVEUX SYMPATHIQUE. Il vient réparer, en impliquant les variations physiologiques suivantes :
-ralentissement du rythme cardiaque;
-relaxation, relâchement;
-reprise de la digestion;
-reprise des communications entre les organes;
-réparation des membranes cellulaires, etc.
Tous les mécanismes de réparation, de régénération, s’activent. La résilience a lieu lorsque le SNA retrouve sa capacité à s’autoréguler correctement. Il y a reconnexion avec les ressources d’auto-régulation du corps, par de nouvelles connexions neuronales entre le cerveau conscient et le SNA (qui fait partie du système nerveux inconscient). Cette modification du système nerveux permet de créer de nouvelles habitudes qui vont être plus adaptées à la vie de l’individu, en plus grande cohérence avec lui-même et en plus grande harmonie avec son environnement, son quotidien.